Je n'arrête pas de penser à la liste des grandes inventions canadiennes que j'ai citée dans l'article précédent. Je donnais dans celui-ci raison aux téléspectateurs de CBC, qui avaient décerné la palme à l'insuline, traitement contre le diabète. Je suis toujours d’accord qu'il s'agit de la plus importante des inventions, mais c'est une autre création figurant dans le palmarès que je considère comme la plus inspirante. Je fais allusion à la vis Robertson, inventée en 1908 par Peter Robertson, de Milton, en Ontario. Je vous explique pourquoi.
Pour être inspirante, une innovation doit influencer, interpeller ou motiver. C'est à cette aune que je mesure le potentiel inspirateur d'une invention. Une découverte peut être géniale pour une foule d'autres raisons : elle peut résoudre un problème persistant ou particulièrement difficile, briller par son raffinement technique ou améliorer la qualité de vie d'un grand nombre de gens. Cela dit, si elle n'est pas de nature à influencer, à interpeller ou à motiver, on ne peut pas la qualifier d’inspirante.
La vis Robertson, elle, motive et inspire parce que n’importe qui, ou presque, aurait bien pu l'inventer. Pas besoin d'une formation ou d'études spéciales pour concevoir une telle idée. Elle n'exige pas d'avoir des compétences de médecin, de scientifique, d'ingénieur ou autre spécialiste. En apprenant l'histoire de l'invention de cette vis, les gens ordinaires peuvent facilement se mettre à la place de Peter Robertson. C'est exactement le genre d'inventions qui nous font nous exclamer : « Mais pourquoi n'y ai-je pas pensé moi-même ? »
On ne peut pas en dire autant d'inventions telles que l'insuline, le téléphone, l'ampoule électrique ou le stimulateur cardiaque. Si leur impact a été colossal dans le monde entier, elles ont toutes nécessité des connaissances pointues, qui ne s'acquièrent que par de longues années d'études, de formation et de travail. Il faut vraiment avoir une très grande imagination pour s'identifier à Frederick Banting ou à Alexander Graham Bell. Voyez-vous quelqu'un dire : « Pourquoi n'ai-je pas pensé moi-même au simulateur cardiaque ? » La réponse s'imposerait d'elle-même : « Probablement parce que je ne suis ni médecin ni ingénieur et que j’ignore tout du rythme cardiaque et des impulsions électriques ».
Ainsi, la découverte de la vis Robertson prouve que tout le monde est capable d'innover, à condition de faire preuve d'un brin d'ingéniosité. C’est pourquoi elle mérite le titre de l'invention canadienne la plus inspirante.
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