Le magazine Strategy + Business a publié un résumé complet des résultats de l'étude annuelle de Booz Allen Hamilton, intitulée Global Innovation 1000. Cette étude, réalisée pour la deuxième année, analyse le rendement financier des sociétés qui consacrent le plus d'argent à la recherche et au développement, dans le monde entier. L'étude, confirmant la conclusion de l'an dernier, n'a pas permis d'établir des relations simples entre dépenses de R-D et rendement. Certaines sociétés ayant des budgets de R-D plutôt modestes font au moins jeu égal avec d'autres qui y consacrent des milliards. En matière d'innovation, la qualité compte bien davantage que la quantité.
Parmi les constatations de l'étude de cette année :
Il n'est pas très utile d'avoir des goussets bien garnis. Il n'existe pas de relation statistiquement significative entre les dépenses de R-D et les principales mesures du rendement financier : chiffre d'affaires, croissance des bénéfices, rentabilité brute et bénéfice d'exploitation, croissance de la capitalisation boursière et rendement total des actionnaires. Le bénéfice brut en pourcentage des ventes (marge brute) est le seul chiffre qui semble avoir un rapport statistique avec les dépenses de R-D.
La taille confère un avantage clé. Parmi les 500 sociétés ayant le chiffre d'affaires le plus élevé, les dépenses de R-D médianes correspondaient à 3,5 % des ventes, comparativement à 7,6 % pour les 500 autres. Malgré un ratio dépenses R-D sur ventes inférieur, le rendement financier des grandes entreprises est statistiquement impossible à distinguer de celui des petites entreprises qui dépensent davantage, comparativement.
Les innovateurs synergiques sont rares. Seulement 94 des entreprises visées par l'étude Global Innovation 1000 étaient considérées comme des innovateurs synergiques. Elles surpassent leurs concurrentes pour sept mesures clés du rendement tout en consacrant moins d'argent à la R-D, en pourcentage des ventes, que la médiane de leur secteur.
Les brevets n'engendrent pas de bénéfices. L'augmentation des dépenses de R-D peut faire augmenter considérablement le nombre de brevets contrôlés par l'entreprise, mais il n'y a pas de relation statistique entre le nombre de brevets détenus et le rendement financier global.
Les maîtres de l'innovation savent ce qui compte. Les innovateurs synergiques et les leaders au chapitre du rendement global ne se distinguent pas par leurs dépenses élevées. Ils sortent du lot en cultivant leurs capacités aux chapitres des idées, de la sélection des projets, du développement et de la commercialisation.
J'ai trouvé particulièrement intéressante la liste des 94 innovateurs synergiques, constituée de sociétés les plus diverses, dont : Adidas, Apple Computer, Black & Decker, Cadbury Schweppes, Caterpillar, Christian Dior, Dell, eBay, Exxon Mobil, Google, Kellogg, Petro-Canada, Research in Motion, Suncor Energy, Samsung Electronics, Symantec, Toyota Motor, Volvo Group et Yahoo. Au sein de ce sous-groupe, les dépenses de R-D pour 2005 étaient comprises entre 46 millions et 7 milliards $ US, prouvant qu'il peut y avoir rendement supérieur à n'importe quel point de l'échelle des dépenses en R-D.
La morale : Ce n'est pas ce que l'on dépense qui compte, pour l'innovation, mais la façon dont on le dépense.
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